Qu’est-ce qui vous ronge?

Par Nadia Robitaille · 15 mai 2021

La honte, un rongeur insidieux qui doit être démasqué!

« Et voici qu’un lépreux s’approcha et se prosterna devant lui en disant : Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur.

Jésus tendit la main et le toucha en disant : Je le veux, sois pur. »

- Matthieu 8:2-3

Aimant bien les animaux de compagnie, nous avons adopté l’an dernier un lapin mini rex. L’une de ses fortes tendances vous le devinez bien, est de ronger. Malgré nos avertissements répétés, son penchant naturel revient rapidement au galop ou devrais-je dire à grands bonds!

Notre maison est donc adaptée « à l’épreuve des lapins » et de leur démangeaison insatiable de gruger. Mais malgré tous nos efforts, il arrive tout de même à contourner les embûches et à mordre à pleines dents!

L’une de ses fortes tendances... est de ronger!
L’une de ses fortes tendances... est de ronger!

En méditant sur le verset ci-haut et en me transposant dans le contexte, je me suis rappelée à quel point la lèpre était lourde de sens pour les juifs. La Bible ne parle pas de ces personnes comme étant malades, mais bien comme étant impures.

Cette notion était profondément ancrée dans la Loi mosaïque et la culture juive. Cette infection grave demandait une intervention drastique, de telle sorte que la personne atteinte était expulsée de sa famille, bannie de sa communauté et devait vivre en dehors des portes de la ville. Elle devenait une exclue, elle était maintenant stigmatisée et devait crier « impur, impur » à chaque fois qu’elle circulait en public.

En plus de la marginalisation, cette maladie qui apportait des changements significatifs sur son apparence, augmentait d’autant plus la honte ressentie. Elle était en quelque sorte rongée de l’extérieur tout en étant rongée de l’intérieur.

D’où provient la honte?

La honte, cette souffrance qui remonte au moment de la chute de nos premiers ancêtres Adam et Ève ne nous est pas étrangère. Mais parfois sournoise, nous ne la reconnaissons pas toujours comme telle.

Ce sentiment peut être enfoui si profondément en nous et depuis si longtemps, que nous l’avons adopté. Nous pouvons même croire que cette caractéristique est innée et fait partie de notre personnalité. Nous la nommons alors différemment.

La honte peut toucher chacun d’entre nous de par le simple fait d’être humains. Elle peut provenir de plusieurs sources, dont notre nature pécheresse héritée, nos propres péchés vus et connus des autres, nos erreurs et imperfections, nos échecs, nos croyances culturelles. Elle provient également des péchés d’autrui commis envers nous tels l’abandon, le rejet, l’intimidation et l’abus.

Comment se manifeste-t-elle?

Elle peut se manifester par un manque de confiance en soi, d’assurance dans nos interactions avec les autres, par une crainte d’être tels que le Seigneur nous a créés et d’être réellement soi-même dans le monde.

On peut se sentir différent, insuffisant, inadéquat voire même mauvais! À l’inverse, lorsque les circonstances sont plus récentes, le sentiment peut se manifester de façon fulgurante et envahissante.

Ses conséquences?

Lorsque non traitée, elle peut nous coller à la peau pour de très longues années après les événements marquants, poursuivant ainsi son action érosive dans nos cœurs.

Elle est un réel rongeur de vie, de vitalité, de joie, de paix, de spontanéité et même de créativité! Elle nous pousse au repli sur soi et nous tire vers le bas. Elle peut nous faire croire à tort que l’on doit se fondre dans la masse, se cacher, se couvrir par des apparences que nous croyons acceptables. Elle peut même nous pousser inconsciemment à des actions louables dans le service pour Dieu, qui nous donnent une impression temporaire de rachat, de valorisation et de bien-être.

La honte nous fait nous demander de façon consciente ou non : « s’ils me connaissaient vraiment tel que je suis, m’aimeraient-ils, m’accepteraient-ils, ou serais-je exclu? »

À l’instar de ces petites bêtes rongeuses, la honte ne lâche pas le morceau et peut revenir avec persistance nous hanter et nous empêcher de vivre pleinement la liberté que Christ nous offre, de nous épanouir en Lui et ainsi de briller! Elle peut venir étouffer l’exercice des dons qu’Il nous a confiés, tenter d’éteindre la flamme en nous.

Comment régler ce problème?

En la démasquant et en rendant notre maison, le temple du Saint-Esprit que nous sommes, « à l’épreuve de la honte »! Car la honte, n’est pas une tristesse à salut. Elle est plutôt utilisée par l’ennemi de nos âmes pour nous immobiliser, nous rendre malheureux et inefficaces dans le service.

Quoique nous comprenions intellectuellement que Jésus a déjà réglé le problème de la honte, qu’il a déjà payé le prix de toutes nos imperfections, de nos péchés et de ceux des autres envers nous; souvent cette vérité n’arrive pas à descendre et apaiser nos cœurs du malaise et de la douleur. Nous n’arrivons pas à l’expérimenter.

Comme pour le lépreux qui s’est approché de Jésus, rappelons-nous dans ces moments qu’Il est venu toucher les intouchables afin de les rendre purs, qu’Il s’est identifié avec nous dans sa vie et sa mort, afin que nous puissions maintenant nous identifier avec Lui dans Sa résurrection, plutôt qu’aux événements vécus.

Quoiqu’expérimenté de façon bien réelle, le sentiment de honte ne représente pas la vérité de notre position et de notre identité en Christ. Rappelons-nous à qui nous appartenons!

Nous sommes membres de la famille du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs, héritiers du Père et cohéritiers avec le Fils.

Par la foi…

« Approchons-nous donc de Dieu avec un cœur sincère, avec la pleine assurance que donne la foi, le cœur purifié de toute mauvaise conscience, le corps lavé d’une eau pure. »

- Hébreux 10:22

En prière

Devant Dieu demandons-nous :

Quelles sont ces coups, ces péchés, ces événements qui laissent toujours une trace, une cicatrice sur mon âme et dont je ne préfère pas parler?

Qu’aimerais me répondre Jésus face à ce rongeur qui continue à me gruger petit à petit de l’intérieur malgré les soins reçus, malgré la repentance, le pardon de Dieu expérimenté et/ou celui offert à ceux qui m’ont blessé?

Oui Jésus, c’est à toi que je viens aujourd’hui avec (…) qui ronge mon âme, qui me gruge de l’intérieur, qui m’empêche de me sentir aimé de Toi et des autres, de me voir tel que Toi tu me vois, d’être libre en Toi. Par la foi j’accepte et je m’approprie Ta Parole qui me dit : « Oui je le veux, sois pur ».

 

Qu’est-ce qui vous ronge? Nadia Robitaille

Avant toutes choses, j’aime Jésus de tout mon coeur! Partenaire de vie et de ministère avec mon mari Martin Angers, nous sommes comblés de quatre merveilleux enfants et de deux petits-enfants.

Je suis également infirmière de formation ainsi qu’une amoureuse de la nature et de la lecture. Je ne me lasse pas d’apprendre sur des sujets qui m’intéressent, j’apprécie la réflexion et j’aspire à la vie plus profonde.

Je suis passionnée de voir des gens marcher de victoire en victoire vers une liberté plus grande en Jésus-Christ.

 

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